Khaz, dieu des montagnes
Résumé : Khaz est celui des dieux primitifs qui tient la roche. Son domaine est ce qui se dresse : les Dents du Crépuscule d'abord, où il n'y a pas de plaine et pas de pouvoir, mais aussi le massif du Nord, le Mur du Levant, les Collines de l'Écho et les Collines Pourpres. Il ne donne rien et n'exige rien.
De Negovara il a eu Ordhal, qui tient les portes closes, Garina, qui tient le vin, Puilarg, qui tient le mensonge, Tulmar, qui tient les séismes, Khazarvel, qui tient le verre, et d'autres enfants dont on parlera ailleurs.
On lui monte des cairns de pierre sèche à l'entrée des cols et au bord des à-pics, et l'usage veut qu'on y ajoute sa pierre en montant plutôt qu'en redescendant : la reconnaissance n'intéresse pas un dieu qui ne promet rien, la demande le regarde encore.
Le nom
Khaz veut dire montagne dans les terres de Ziven. Arkazem est la ville entre deux montagnes. Khazrund est la cité de la montagne ou de Khaz, l'origine s'est perdue dans l'usage. Morh-Khaz veut dire vers la montagne.
Khazal est le royaume montagneux. Quand les premiers hommes eurent monté la falaise du destin, ils ont cru avoir atteint le sommet du monde. De cette époque date le nom de Khazal qui est resté.
Les nains et les goliaths
Les nains de Khazrund le servent, et leurs prêtres tiennent le marché de la grande caverne comme les galeries. Ceux de Negovarund servent la déesse de leur volcan, ceux de Brennar aussi, et la répartition ne fait de peine à personne : Negovara tient le feu qu'on met dans la roche, Khaz tient la roche.
Les goliaths sont ses fidèles les plus constants, et les plus discrets. On les trouve dans les carrières de tous les massifs, de celles des Collines de l'Écho que tiennent aussi les nains d'Edravorn aux chantiers de l'Eligrodian, et ils ne bâtissent rien pour lui : un bloc laissé debout au fond d'une carrière épuisée, jamais débité, suffit à dire à qui la pierre appartenait.
Les cols
Ce qu'on demande à Khaz, c'est le passage. Un col ouvert à la date où il s'ouvre d'ordinaire, une corniche qui ne part pas sous le pied, une galerie qui tient le temps qu'on en sorte. Les caravaniers du Mur du Levant et ceux qui montent d'Onalpita le nomment avant d'engager les bêtes, les mineurs avant de descendre, et personne n'attend de réponse.
Il ne protège pas du froid, et c'est la limite que tout le monde connaît : sur un col pris par la neige, ce n'est plus son affaire mais celle de Sarma.