Zivarne, dieu des vergers
Résumé : Fils de Ziven, la terre, et de Sunie, l'amour et la beauté, Zivarne tient le fruit : ce qui noue quand la fleur de sa sœur Sunara laisse tomber ses pétales, grossit sur la branche tout l'été, et finit dans un panier. Il est le compagnon de Garina, à qui le fruit passe dès qu'il fermente.
Le fruit fait ainsi le tour de la famille. Sunara ouvre la fleur, Fajargo tient l'arbre et ce qui pousse haut, Zivarne tient ce qui pend, et Garina reçoit ce qu'on presse. Sa part commence au moment précis où la fleur cesse d'en être une, et s'achève quand la main se referme sur le fruit mûr : entre les deux, la grêle, les gelées tardives, le poids qui fait plier la branche et le ver qui entre par la queue sont son affaire. On lui demande une bonne année, et on le remercie quand elle l'a été.
Il est de l'humeur de sa mère plutôt que du silence de son père : un dieu de l'abondance, qui donne trop une année et rien la suivante, qui fait casser les branches sous la charge et laisse le verger voisin sans une pomme. Ses fidèles y voient une justice à leur mesure, celle du hasard partagé. Ce qui tombe de l'arbre est à qui le ramasse, et un verger dont le maître chasse les enfants est un verger que Zivarne oublie.
Angranaka et Pogranaka
Ses fidèles tiennent deux fêtes, aux deux bouts de sa part. Angranaka se célèbre en fin de printemps, à Trié, quand les pétales sont à terre et que le fruit a noué : on marche dans les vergers à la première lueur pour compter ce qui a pris, on marque d'un trait de chaux le tronc des arbres qui ont donné, et l'on mange ce soir-là le dernier fruit gardé de l'année précédente, sec ou confit, pour faire place au nouveau. Pogranaka vient au cœur de l'été, à Quinié, avec la cueillette : la première corbeille de chaque verger est posée au pied de l'arbre greffé, la deuxième part au temple de Garina, et tout ce qu'on cueille ensuite se mange sur l'échelle avant d'être compté. La fête dure autant que la récolte, et un verger qui finit avant les autres envoie ses bras aux voisins.
Le calendrier du sous-continent porte les deux fêtes à leurs dates.
Le pays de vergers
On le prie partout où un arbre porte, mais son pays est le duché des vergers, dont les cerisiers et les pommiers entourent Skjorren. Il y est chez lui à deux titres : son frère a son temple au bois des Gris-Frênes, et sa compagne le sien en ville, où se verse le vin de cerise. Zivarne, lui, se passe de murs. Son sanctuaire est un arbre greffé de plusieurs variétés, planté au milieu du verger et laissé à lui-même : on y suspend une fleur au printemps et un fruit à la récolte, et c'est sous lui que le greffeur apprend son métier.
À Devadaham, son autel est dans le quartier de son père, avec celui de Fajargo.