Bigordir, dieu de l'argent, de la dette et de l'usure
Résumé : Bigordir est représenté sous les traits d'un homme entre deux âges richement vêtu. Ses longs cheveux noirs entourent son visage et tombent en cascade sur ses épaules ; ses grands yeux verts et sa bouche étirent son visage d'un sourire carnassier. On vient le prier avant une transaction risquée ou un rachat important, et les plus endettés se rendent dans ses sanctuaires pour demander un allongement de la durée de remboursement. Le gros de ses adeptes, pourtant, est constitué de créanciers, de banquiers, de prêteurs sur gages et autres usuriers.
Ces gens-là n'ont aucun problème d'ego ni de réputation. Pour eux, le mépris des simples n'est que de la jalousie d'insolvables. La seule marque de faveur divine est le solde positif, et mourir riche, entouré de créances non remboursées, est le plus grand salut spirituel.
Le culte est donc nombreux sur le sous-continent, et relativement mal vu, au point que certains lieux l'ont banni. République du Nord fut la première : le collège des travailleurs ne voulait pas entendre parler d'un dieu qui accumule de l'argent sur le dos des plus démunis. Brival a suivi, royaume de pirates épris de liberté pour qui la dette est la pire des prisons. Vaultclos a cédé à la pression populaire, à cause de ses liens étroits avec la République du Nord pour le fer et avec Brival malgré elle. Tharvell le tolère, mais ses adeptes y sont encore plus mal vus qu'ailleurs.
Les comptoirs-sanctuaires
Les deux principaux temples se trouvent à Portenac et Sidorin. Les capitales des duchés de Siquimes ont toutes leur sanctuaire, comme Khareb, Arkhazem, Lomirra et Dorna. Ailleurs, le culte se fait plus discret avec un petit autel dans une banque ou un comptoir de change.
Ce ne sont pas des lieux de prière silencieux, mais des centres financiers ultra-sécurisés, dont les bâtiments reflètent l'opulence du culte : guichets de change, salles de coffres blindées, bureaux de marquisat. Un dépôt dans les caisses de la banque vaut des heures de prière.
Le Taux du Sang
Placer un fils ou une fille dans le clergé de Bigordir est le meilleur investissement d'une famille noble ou bourgeoise. C'est l'assurance d'avoir accès au Taux du Sang, un taux d'intérêt préférentiel pour refinancer une dette, acheter un titre ou racheter des terres. Le clergé est une caste fermée, aristocratique, interconnectée par les mariages et les pactes de dot, et le népotisme y tient lieu de sacrement.
Les Gardiens du Solde
Bigordir ne s'appuie pas sur l'armée des États. Le culte entretient ses propres troupes mercenaires, parfaitement équipées et payées au rubis sur l'ongle. Cette milice escorte les convois de fonds, saisit les biens des mauvais payeurs et applique les clauses d'expulsion par la force.