Anfajar, dieu des dresseurs d'oiseaux

Résumé : Fils d'Alyr et de Fajargo, Anfajar tient les oiseaux que les gens dressent et les messages qu'on leur confie. Sa mère est une lune et son père tient les forêts : lui est la ligne d'horizon où les créatures de l'une rejoignent celles de l'autre, le rapace qui quitte la futaie pour le ciel et qui y revient.

On le représente élancé, sous une cape de plumes qui changent de teinte selon l'oiseau qu'il imite, faucon gris au-dessus d'une falaise, cormoran noir sur un écueil, et ses yeux ont la précision d'un rapace. Il voyage sur un rapace céleste aux ailes de brume, qui porte les messages des dieux d'un bout à l'autre du ciel, là où les autres oiseaux s'arrêtent.

Ses fidèles tiennent leurs oiseaux pour des associés. L'oiseau rapporte à la main qui le nourrit, et la main lui doit ce qu'elle lui prend : c'est ce que le culte appelle la chasse réciproque. Un fauconnier qui maltraite son rapace perd avec lui la faveur du dieu, et les volatiles cessent de lui répondre : le pigeon rentre au nid sans sa lettre, le faucon reste sur la branche.

Il est aussi le dieu des secrets confiés au vent. Une lettre attachée à la patte d'un pigeon sanctifié à l'un de ses autels voyage sous sa protection : qui la vole voit ses yeux se brouiller pour quelques jours, le temps que la missive arrive quand même. Les cours qui s'écrivent par ses oiseaux y tiennent, et les Lierres-Ailés en vivent.

Les Maîtres-Nids

Ses monastères s'appellent des Maîtres-Nids. Ils se tiennent sur des pics escarpés et des falaises côtières, là où les oiseaux nichent d'eux-mêmes, et servent à la fois de relais de poste, d'écloseries et de sanctuaires : on y dépose une lettre, on y achète un pigeon dressé, on y prie avant de lâcher un faucon. La maison mère est posée sur le rebord du plateau, dans le duché des falaises de Tharvell, à une journée de Kolanvir. D'autres nids regardent la mer au-dessus des hauts-fonds de l'archipel des Sapoquaux ou veillent la route du plateau depuis les falaises du nord-ouest, à portée de vue de la tour d'Oïdon. À Devadaham, son autel est dans le quartier de Ziven, auprès de son père et de sa fratrie, et son colombier porte les verdicts de la cité aux royaumes qui les attendent.

Les ordres

Le culte se répartit en deux ordres et un compagnonnage. Les Serres d'Or sont les chasseurs et les fauconniers de garde ; les Lierres-Ailés tiennent la poste et les oreilles du sous-continent, avec leurs pigeons et leurs grands corbeaux qui portent un message de vive voix ; les Compagnons du Jabot, les pêcheurs aux oiseaux, il les partage avec Talvë : elle tient la pêche, lui tient les oiseaux, cormorans, pélicans, balbuzards, aigrettes et indicateurs. Le Gant des Vents Célestes, relique du dieu, est gardé à la maison mère et prêté à qui part loin.