Les Compagnons du Jabot

Résumé : Les Compagnons du Jabot sont les pêcheurs aux oiseaux de Ziven. Ils servent deux divinités à la fois : Anfajar, qui tient les oiseaux qu'ils dressent, et Talvë, qui tient la pêche et ceux qui en vivent. Le jabot est la poche où le pélican et le cormoran gardent ce qu'ils ont pris avant de le rendre à la barque, et c'est de ce partage-là que le compagnonnage tient son nom.

Les oiseaux

Les Compagnons dressent cinq espèces, chacune pour une eau et une manière de pêcher.

Le grand cormoran : le contrat du partage

Les Compagnons du Jabot apprennent aux jeunes cormorans, et ce dès l'éclosion, que la nourriture repose sur le partage. Le cormoran sait d'instinct que chaque gros poisson qu'il rapporte intact à la pirogue lui donne droit immédiatement à deux ou trois petites proies découpées par le pêcheur. Cette relation transforme l'oiseau en un partenaire sous-marin d'une loyauté absolue, préférant chasser avec son humain plutôt que seul. Il est principalement utilisé à Brival, dans le nord de Vaultclos et autour de Grimstad.

Les cormorans peuvent si besoin protéger les humains auxquels ils sont attachés.

Le pélican blanc : l'encerclement tactique

Les maîtres des quais exploitent l'instinct de chasse en groupe de ces volatiles. Dressés à réagir au rythme d'un tambour d'eau frappé sur la coque, les escadrons de pélicans se déploient en demi-cercle à la surface. En battant des ailes à l'unisson, ils effraient et rabattent les bancs de poissons vers les eaux peu profondes, les coinçant directement dans les nasses ou les éperviers jetés depuis les embarcations.

Les pélicans blancs sont principalement utilisés dans l'archipel des Sapoquaux.

Le balbuzard pêcheur : les serres de haute mer

Élevés selon des méthodes de fauconnerie maritime, ces rapaces portent des bagues de cuivre gravées et voyagent sur des gantelets d'écorce enduits de suif. Embarqués sur les navires de haute mer, ils sont lancés pour repérer les reflets des gros poissons pélagiques. L'oiseau pique, verrouille sa proie sous l'eau avec ses serres et la maintient en surface jusqu'à ce que le navire vienne la hisser à bord.

On en embarque aux Sapoquaux, à Brival, en Ordhalie, en Soumorness et dans le nord de Vaultclos.

L'aigrette garzette : le piège d'ombre

Complice idéale pour la pêche en marais et en eaux calmes, l'aigrette est dressée à se percher sur des mâts en bambou fixés au bord des barques. En déployant ses ailes en ombrelle au-dessus de l'eau, elle crée une zone d'obscurité artificielle qui attire irrésistiblement les poissons cherchant à s'abriter de la lumière. Le pêcheur n'a plus qu'à cueillir les proies à la foëne ou au carrelet sous l'aile de son compagnon. Elle est principalement utilisée à Orveth.

L'indicateur : le pacte des rives

Ces oiseaux restent totalement sauvages et ne vivent jamais en cage. Les Compagnons du Jabot ont développé un langage sifflé, transmis de génération en génération, pour communiquer avec eux. L'oiseau survole la côte, repère les bancs invisibles depuis la surface et guide la flotte par ses cris et ses vols en cercle. En paiement de ce guidage, les pêcheurs lui réservent systématiquement les entrailles et les abats lors du nettoyage des prises sur le pont.

On le suit dans le nord de Siquimes, le nord de Valcalme et aux Sapoquaux.

Le Nid des Récifs

Le Maître-Nid du compagnonnage est bâti sur pilotis sur un îlot du chapelet du nord-est, comme les villes de l'archipel : écloserie, chapelle des deux divinités et séchoir à filets sous le même toit. Le poisson se vend aux marchés de Touhanaganar, où il voisine avec l'huître des Touhans, et des barques des Compagnons travaillent aussi tout le long de la côte, des falaises de Grimstad jusqu'au port de Dibornad, Litsara exceptée, qui reconnaît Gidhun seul.

La rive

Chaque barque des Compagnons est tenue au rôle de la guilde des pêcheurs, comme toute barque de l'archipel : Talvë garde leur nom, Anfajar garde leurs oiseaux, et les deux cultes tiennent la même chapelle, chacun sa niche.