Les tombes anciennes

À une centaine de kilomètres au sud d'Arkhazem, en remontant le cours de l'Imgodir, un cimetière s'enfonce dans la paroi du canyon. Il s'ouvre à flanc de roche, au-dessus du fleuve, par plusieurs entrées, dans le duché des mages, et il était déjà vieux quand Imgora est devenu un royaume. Les gens du plateau d'Onalpita les appellent les tombes anciennes, faute de mieux : le peuple qui les a creusées a emporté son nom avec lui, et sa langue comme son origine restent des énigmes pour les savants d'Arkhazem.

La guilde des mages en a interdit l'accès, et l'interdit tient tout entier dans ses registres. Les parois sont laissées à elles-mêmes, faute de garde ou de patrouille : la guilde compte ses dépenses, et protéger des imprudents contre les tombes d'un peuple inconnu lui paraît de l'argent perdu.

Les couloirs

Les archives d'Arkhazem décrivent le cimetière en quelques lignes. Plusieurs couloirs partent de la falaise, tous bâtis sur le même plan : un grand couloir s'enfonce dans la roche, bordé de chambres de part et d'autre, et se termine sur une grande porte, plus richement ornée que les autres. Chaque chambre est une tombe scellée, qui garde son mort dans un sarcophage : une momie, couchée parmi les immenses richesses que ceux qui l'ont ensevelie ont déposées avec elle.

La malédiction tient au sceau. Briser celui d'une chambre réveille la momie qu'elle abrite, et franchir le seuil d'une tombe déjà ouverte la réveille tout autant. Elle traque alors l'intrus jusqu'à ce que l'un des deux tombe : le pilleur meurt, ou la momie est détruite.

Quant à la grande porte du fond, on dit qu'elle garde un seigneur momie, et que l'ouvrir réveille avec lui toutes les momies du couloir à la fois.

On raconte à Arkhazem qu'un pilleur, traqué, aurait rapporté son butin dans la tombe et qu'il aurait survécu. L'histoire circule, toujours entendue de seconde main.