La trouée d'Ilyudir
La trouée d'Ilyudir est la plus septentrionale des deux brèches du Mur du Levant, celle que prend la route de la laine des aurores entre Arkhazem et Norvik. C'est un couloir d'une cinquantaine de kilomètres, large de dix au plus, et c'est le seul endroit de quatre mille cinq cents kilomètres de route où la Grande Caravane se sait vraiment vulnérable.
D'un débouché à l'autre il y a cinquante-deux kilomètres, et un seul point où l'on peut s'arrêter, le fort, à vingt-sept de l'entrée occidentale et vingt-cinq de la sortie orientale. La traversée ne se découpe donc pas autrement : deux étapes d'un peu plus de vingt-cinq kilomètres, une nuit au fort, et rien entre les deux.
Rapporté au reste de l'axe, cela reste énorme. La Grande Caravane tient une moyenne d'une dizaine de kilomètres par jour, haltes et mauvais passages compris ; ici, on lui demande deux fois et demie cela, deux jours de suite, sans le droit de s'arrêter quand une roue casse. C'est faisable, et c'est bien ce qui rend l'échec impardonnable : la trouée est large, plate, facile à marcher.
Habitants
Hormis les gardes du fort, on pourrait croire qu'il n'y a personne qui habite dans ce lieu.
Le jour, la trouée est vide. Pas un troupeau, pas une ferme, pas un berger, sur cinquante kilomètres d'herbe rase que rien n'empêcherait de pâturer, et c'est ce vide-là qui inquiète les gens du plateau avant même qu'on parle des vampires. La nuit venue, on ne trouve personne pour dire ce qui s'y passe, puisque ceux qui restent ne reviennent pas raconter.
Le fort d'Ilyudir
Le fort tient le milieu du passage. Il n'a pas d'autre fonction que d'exister : sans lui, la trouée serait infranchissable pour un convoi lourd, et la laine des aurores devrait faire un énorme détour pour gagner Arkhazem. On y relaie les attelages, on y dort une nuit, on repart au point du jour.