Comté des Haras
Résumé : Le comté des Haras entoure Khareb au cœur du duché de Khareb. Il tient les pâtures où naissent les chevaux noir jais et le tronçon de route caravanière qui mène à la ville, avec ses relais fortifiés.
Territoire
Le comté est une bande de steppe pliée autour de Khareb. Au nord, il touche le comté de Rochevent sur toute sa largeur, le long de la ligne tracée autrefois pour laisser la ville hors de la charge de Rochevent. À l'est, il monte jusqu'aux abords du canyon de l'Imgodir. À l'ouest et au sud, il se perd dans les steppes du duché sans autre borne que les pierres des relais.
Trois relais fortifiés de la route caravanière se trouvent dans ses limites. Ils gardent l'eau et le fourrage des convois qui arrivent des steppes, et c'est par eux que passent, à la belle saison, les jeunes chevaux que les haras mènent en ville.
Chef-lieu
Khareb, carrefour des steppes et capitale du duché. Le comte y siège à côté du duc, et la charge va d'ordinaire à une figure de la guilde des cavaliers, qui connaît les haras mieux que la ducale.
Les haras
Les chevaux noir jais ne naissent pas en ville. Ils viennent des haras dispersés dans les pâtures du comté, chacun tenu par une famille qui garde ses lignées et ses secrets d'élevage. Les poulains passent leurs premières années dans la steppe, et ne descendent à Khareb qu'au moment de la vente, quand les acheteurs affluent pour la course annuelle. Le comté a été créé pour donner un cadre à ces familles, régler leurs querelles de pâture et d'eau, et protéger les troupeaux des bandes qui descendent des Collines de l'Écho.
Les haras portent le nom d'une couleur, celle de leurs murs, de leur terre, de leur eau ou de leurs pentes. Huit comptent plus que les autres.
Le haras noir, à une demi-journée au nord-est de Khareb, est le plus proche de la ville et le plus ancien de ceux qui subsistent. Ses murs sont de la même pierre sombre que les pare-vents de Khareb, bas et ouverts au vent comme eux, et ses familles font remonter jusqu'à lui la lignée noir jais, ce que les autres haras contestent chaque année avec la même conviction. Les acheteurs de marque y sont reçus en premier, moins pour ses bêtes, qui valent celles des voisins, que pour son nom.
Le haras blanc, à une journée de piste au sud-ouest de Khareb, est le plus grand du comté. Ses enclos, ses abreuvoirs et ses façades sont en marbre blanc de Rochevent, fait des blocs fendus et des chutes de taille tombés des convois : sur la steppe brune, l'ensemble se voit à des heures de marche, et la robe noire des chevaux s'y détache comme nulle part ailleurs. C'est là que les autres haras mènent leurs poulains de l'année avant la vente, et c'est de là qu'ils descendent en convoi sur Khareb ; le comte y tient audience quelques jours entre les enclos.
Le haras vert, à l'est, aux abords du canyon de l'Imgodir, doit son nom à des sources qui ne gèlent pas, canalisées en rigoles de pierre vers une suite de prés fermés de haies basses. L'herbe y reste verte quand tout le comté est jaune, et c'est là que l'on met les chevaux à refaire, après un hiver ou une course. Ce n'est pas le plus grand haras, mais ses bêtes passent pour les mieux préparées, et il en tire un prix.
Le haras rouge, à une demi-journée au sud-est de Khareb, appartient à la guilde des cavaliers. Son sol d'argile rouge, ferme et sans cailloux, passe pour la meilleure piste de la steppe : la guilde y a tracé ses ronds et ses pistes de dressage, et c'est là que les chevaux des autres haras apprennent ce qu'on attend d'eux, tenir l'allure des heures puis repartir quand on le demande. Les acheteurs qui veulent voir un cheval à l'ouvrage plutôt qu'à l'arrêt viennent ici plutôt qu'au marché.
Le haras cyan, au sud, sur la piste des premiers relais de la Route des 29, est bâti autour d'une mare salée dont l'eau prend une couleur cyan qui tranche sur la steppe. L'eau ne se boit pas, mais les chevaux viennent lécher la croûte de sel des rives, et le haras en tire une pierre à sel qu'il vend aux autres haras et aux relais. Les convois s'y arrêtent pour faire boire les bêtes au puits, et c'est le premier arrêt des acheteurs qui montent du sud.
Le haras orange, à l'est de Khareb, à mi-chemin du haras vert, est bâti sur un affleurement d'ocre qui teinte ses murs de terre, ses chemins et jusqu'à la poussière des chevaux qui en reviennent. L'ocre se vend aussi, aux tanneurs et aux teinturiers de la ville, et le haras vit des deux. Ses bêtes ont la réputation d'être les plus dociles du comté, ce que les cavaliers de la guilde expliquent par la main de ses familles, et les familles par la terre.
Le haras jaune, au sud-est de Khareb, entre le haras rouge et le haras cyan, tient les terres les plus sèches du comté, où l'herbe jaunit dès la fin du printemps. On y élève au foin plus qu'à la pâture, avec les charrois de fourrage qui montent par la route, et le haras s'est fait une spécialité des juments poulinières, qu'il loue aux autres plutôt que de vendre ses poulains. C'est le haras dont on parle le moins et sans lequel les autres auraient du mal à tenir leurs lignées.
Le haras pourpre, le plus à l'est, tient les pentes qui descendent vers le bord du canyon, que la bruyère de steppe couvre de pourpre au printemps. Le vent qui remonte du canyon y souffle presque sans relâche, l'herbe y est courte et dure, et les familles du haras y voient l'explication de leurs chevaux de plein vent, élevés sur le dévers, qui ne bronchent ni au bruit ni au précipice. Il garde aussi le sentier qui descend dans le canyon vers les carrières de l'autre versant.
Baronnies
Le comté est découpé en neuf baronnies, une par haras et une pour la ville. Elles n'ont ni bourg ni château : la charge de chacune revient à la famille du haras, qui en tient les pâtures et en règle les querelles d'eau, et le comte n'intervient qu'entre elles. Aucune n'a été taillée pour valoir les autres, chacune va jusqu'où vont les troupeaux de son haras.
- Baronnie de Khareb : la ville et sa périphérie, une vingtaine de kilomètres autour des pare-vents. Elle reste au baron de Khareb, qui tient la ville pour la ducale et ne relève du comte que pour la forme.
- Baronnie du haras blanc, à l'ouest, la plus étendue vers la piste de Port-Khareb.
- Baronnie du haras noir, au nord-est de la ville, la plus petite et la plus ancienne.
- Baronnie du haras vert, à l'est, jusqu'aux abords du canyon.
- Baronnie du haras rouge, au sud-est de la ville, celle de la guilde des cavaliers.
- Baronnie du haras orange, à l'est, sur l'ocre.
- Baronnie du haras jaune, au sud-est, sur les terres sèches.
- Baronnie du haras cyan, au sud, sur la piste des relais, jusqu'au comté des Relais.
- Baronnie du haras pourpre, à l'est, sur le bord du canyon.
Les huit baronnies des haras se disputent âprement la course annuelle des steppes : une victoire vaut toutes les publicités pour les chevaux du haras, et les acheteurs de l'année suivante s'en souviennent. Chaque maison y engage ses meilleures bêtes et ses meilleurs cavaliers, et les rancunes d'une course se règlent à la suivante. Barons et baronnes des huit haras siègent tous à la guilde des cavaliers de Khareb, et la coutume veut qu'un baron qui ne peut plus chevaucher abandonne son titre à quelqu'un de sa maison qui le peut : on ne tient pas un haras depuis un fauteuil.
Ce qui revient au comte
Les haras, les pâtures et les relais relèvent de la charge comtale. Les marchés de Khareb et les péages des caravanes restent à la ducale, comme partout dans le duché. Le comte vit donc des chevaux, et la fortune de la charge suit celle des ventes : une bonne année de poulains vaut plus que bien des péages.