Le temple aux dix mille roses
Résumé : À Sunihabi, petite ville du bocage du duché de Danguir, le temple aux dix mille roses honore Sunie au fond du vallon de l'Imhabi, un affluent de l'Imrisse dont les versants sont couverts de jardins en terrasses. Les roses qu'on y cueille donnent un parfum qui repousse les morts-vivants, et le commerce de ce parfum fait vivre le temple, le cercle druidique qui partage ses jardins et une bonne part de la ville.
Le temple et les jardins
Le temple est bâti au fond du vallon. C'est un édifice de marbre blanc strié de veines bleutées, dont les colonnes et les murs sont sculptés de motifs de roses. Une trentaine de prêtres et de prêtresses de Sunie y vivent et préparent les parfums. Ils sont rejoints à la saison des floraisons par les cueilleurs que le temple loge le temps de la récolte.
Les deux versants du vallon sont taillés en terrasses qui montent depuis la rivière jusqu'au niveau du bocage. Chaque terrasse mêle ses plantations : des roseraies y côtoient des carrés d'aromatiques, lavande, sauge et romarin, des planches de simples pour les soins du temple et des druides, et des massifs d'iris, de lys et de pivoines qui donnent aux jardins leur couleur quand les roses se reposent. Entre les terrasses, les arbres fournissent l'ombre et marquent les passages : tilleuls dont la floraison se mêle à celle des roses au début de l'été, pommiers, cognassiers et cerisiers dont le temple vend les fruits au marché, et quelques essences précieuses rapportées de loin par des pèlerins reconnaissants, qui poussent là où aucun arbre du duché ne les attendrait. Les roses sont cueillies à l'aube, avant d'être tout à fait ouvertes, et le parfum est assemblé le jour même à partir de toutes les roseraies du vallon.
Sur l'un des versants, une roseraie se distingue des autres par les chênes, les ifs et les houx qui l'entourent. C'est la roseraie druidique, la première plantée dans le vallon, entretenue par un cercle de druides qui vit au temple sans en dépendre. Ses roses se vendent avec les autres et entrent dans le même assemblage ; ce sont ses arbres et ses gardiens qui en font un lieu à part.
Le parfum des dix mille roses
Vendu en flacons de verre épais, le parfum tient les morts-vivants à distance ; la règle de l'objet est donnée dans sa fiche. Les riches du coin s'en protègent des drenkels, mais se protéger à l'année coûte cher, et le flacon reste hors de portée des bateliers et des pêcheurs qui ont le plus de raisons de le vouloir. Les ordres armés, paladins et chasseurs de morts-vivants, passent commande par dizaines de flacons avant une expédition vers la tour des Liches.
Prêtres et druides
Deux récits circulent sur l'origine des roses, et le vallon vit avec les deux. Celui des druides veut que leur cercle ait planté et consacré les premières roses bien avant l'arrivée du marbre, dans un vallon qui n'était alors qu'un pli du bocage au bord de l'Imhabi, et que la vertu des fleurs vienne de cette consécration ; le temple serait venu ensuite se poser sur un jardin déjà sacré. Celui des prêtres fait de Sunie la source de tout : la déesse aurait béni le vallon, et les druides y auraient reconnu ce qu'elle y avait mis. Les prêtres assemblent et vendent, les druides veillent sur les terrasses et sur les arbres.
Les Rimodan
Les Rimodan, ducs de Danguir, protègent le temple et s'en font payer. Une garnison ducale tient Sunihabi, garde les accès du vallon et les entrepôts où le parfum attend ses acheteurs, et une part des revenus du commerce prend chaque saison la route d'Orveth.