Comté de Bellecombe
Résumé : Le comté de Bellecombe occupe la pointe orientale du duché du Septemrieu, en Siquimes, là où le Septemrieu achève sa course. Il est tenu par la maison de Bellecombe depuis son chef-lieu, Bellecombe, et son nom est attaché à ses châtaigniers, qui charpentent le duché et la capitale, comme aux châtaignes que tout Siquimes grille à la fête de Sniegapacha.
Le comté descend des derniers contreforts du massif du nord jusqu'à la rive gauche du fleuve, qui le borde au sud sur toute sa longueur. Ses combes, exposées au midi, sont couvertes de châtaigneraies depuis longtemps entretenues, et les villages s'égrènent à mi-pente, entre les vergers d'arbres et les prés de fond de vallée. Le chef-lieu se tient au creux de la plus large de ces combes, à une demi-journée de marche du fleuve.
Aux marges de la route du grain qui descend depuis Velmara, Bellecombe n'a ni halles ni foires de grande taille. Le comté vit de ses bois, de ses récoltes d'automne et d'une renommée d'un autre ordre, faite de chant et d'ateliers, qui attire vers son chef-lieu des gens de tout le royaume.
Au bout de la route qui descend du chef-lieu vers le sud, le bac de Bellecombe franchit le fleuve sur une traille tendue d'une rive à l'autre et dépose gens, bêtes et charrettes sur la rive du duché des Deux-Eaux. Le chaland prend une voiture attelée à la fois, et la file s'allonge sur la berge à l'automne, entre les voituriers qui montent chercher des châtaignes et les acheteurs de bois qui redescendent des combes.
Le bois de Bellecombe
Les châtaigneraies du comté donnent un bois droit, dur et rebelle à la vermine, que les charpentes recherchent. Abattus en hiver, les troncs sont débardés vers le Septemrieu et descendent le fleuve jusqu'à son embouchure, d'où ils gagnent les chantiers de Siquivorn ; les scieries des combes fournissent aussi les fermes et les granges de tout le duché. Une maison de Bellecombe qui a résisté aux insectes pendant trois générations passe, dans le duché, pour un argument de vente à lui seul.
Les châtaignes de Sniegapacha
Ce que les charpentes ne prennent pas, l'automne le donne en fruits. Les châtaignes du comté sont séchées dans des clédiers de pierre et vendues jusqu'aux marchés de la capitale ; on les grille dans tout Siquimes à la fête de Sniegapacha, au premier froid de l'hiver, et les familles du comté y voient une tradition qui leur appartient, quelle que soit la place que la fête tient ailleurs.
La maison de Bellecombe
Le comté est tenu par la maison de Bellecombe, vassale des Chirfulli de Velmara. C'est de cette famille qu'est issue Sidonnia de Bellecombe, dont le souvenir donne aujourd'hui au comté une renommée qui dépasse de loin celle de ses bois.