fleuves

La Doba

La source sacrée d'Ilagdir, où naît la Doba

Résumé : La plus longue des rivières tributaires de l'Imrisse, la Doba naît à la source sacrée d'Ilagdir, aux marches de Tharvell et de Khazal, et remonte vers le nord sur près de 1 520 km, au pied occidental des Collines Pourpres. Elle arrose Portenac, à l'entrée de la vallée de Modoire, avant de rejoindre le fleuve en aval de Vidudeni, aux abords de l'estuaire de Siquivorn.


Ilagdir, la source sacrée

La Doba naît de la source d'Ilagdir, qui sourd au pied du glacier du même nom, aux marches de Tharvell et de Khazal, en lisière occidentale de la forêt d'Idgar. La source est sacrée pour tout le royaume de Tharvell : c'est là que les bûcherons de Fenrold viennent puiser, une fois tous les cinq ans, l'eau sans laquelle aucun Igrodia ne peut être abattu. Les druides qui la gardent veillent au respect du rite, où l'on vient sans armes et d'où l'on repart le jour même.

Son cours supérieur serpente d'abord vers l'ouest à travers des collines boisées peu peuplées, avant d'obliquer franchement vers le nord et de trouver la ligne qu'elle ne quittera plus. C'est à ce cours-là, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la ville, que les brasseries de Skjorren vont chercher leur eau, et les brasseurs tiennent qu'aucune autre ne donne la même bière. C'est peu après ce coude, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Skjorren, qu'elle reçoit l'Eligrodim, torrent descendu des marges de l'Eligrodian dont la vallée a la réputation de ne pas rendre ceux qui s'y engagent.

La rivière des collines

Sur l'essentiel de son cours, la Doba coule au pied occidental des Collines Pourpres, dont elle marque à peu près la limite avec la Plaine centrale. Rive gauche, les campagnes de Siquimes ; rive droite, les premières pentes de schiste violacé, les châtaigneraies et, plus haut, les vignobles. Les crues de printemps déposent dans sa vallée un limon sombre que les paysans du piémont appellent « la part de la rivière ».

Portenac et le cours navigable

À hauteur de Portenac, au débouché de la vallée de Modoire, la Doba est devenue assez large et assez profonde pour porter des barges. Les quais de la ville complètent son rôle de verrou terrestre : les vins de Vernac, les châtaignes des collines et les marchandises descendues de Valcalme par la vallée y sont chargés sur l'eau et descendent le courant vers le fleuve.

La rivière rejoint l'Imrisse en aval de Vidudeni, aux abords de l'estuaire de Siquivorn : les barges de la Doba touchent aux canaux de la capitale sans presque avoir à remonter le fleuve, ce qui fait de cette rivière, malgré sa modestie apparente, l'une des voies commerciales les plus rentables du royaume.

Doba, divinité de la rivière

Doba est l'aînée des trois filles de Narhtë et de Hogdilar, et la première à qui sa mère ait confié un affluent.

On la dit la plus proche de sa mère : grave, régulière, fidèle à son lit. Mais l'héritage de son père remonte avec la marée, quand les brumes de l'estuaire s'engouffrent dans sa basse vallée et effacent rives et amers en quelques instants. Les bateliers de Portenac saluent la rivière d'un mot avant de larguer, et aucun ne prononce le nom de Hogdilar à bord : on ne nomme pas le beau-père chez sa fille, dit le proverbe.