Dans l'est des collines de Poorv, une ancienne tour abandonnée abrite un mort-vivant que le bagne appelle le berger des parjures. C'était un prêtre d'Ordhal, qui a choisi de le devenir : il ne supportait pas qu'un parjure échappe à sa sentence par une mort naturelle. Il relève ceux qui meurent au bagne, et ils reprennent leur peine dans les collines, à ses ordres.
Les bagnards qui voudraient fuir par les collines le redoutent. Aucun sceau d'Ordhal n'est posé sur le bagne, mais un parjure considère qu'il rachète sa faute en tuant un fuyard, et le berger dresse alors pour lui le bûcher qui le libère de son serment. Un tel bûcher s'allume une fois tous les cinq ans, voire plus rarement. Ses morts battent donc les collines, et le fuyard qu'ils abattent reste mort : seuls les parjures se relèvent.
Seul le feu libère ses morts de leur serment. Dans les collines, le feu se paie : tout le charbon est compté, les rations suivent les quotas, chaque cabanon a son poêle unique, et ce qui sort des galeries part vers Poorvichahar. Brûler un mort, c'est prendre sur les quotas.
Les gardes du bagne sont ses complices et lui livrent les parjures. Ordhal le laisse faire : un parjure qui n'a même pas de repos dans la mort appuie l'autorité du dieu sur les serments mieux que tous les sermons des Portiers. Le surnom du berger est connu au bagne, et partout où l'on jure sur Ordhal.