Le drenkel de Dorin
Sur le lac Dorin, un noyé doit être présenté à l'un des sanctuaires de la rive avant d'être rendu au lac. Le gardien du sanctuaire reconnaît le mort au nom de Dorin, l'installe dans une barque, y met le feu et la pousse au large. Un noyé qui a reçu ce rite ne revient pas. Un noyé qu'on a laissé au fond, ou qu'on a retiré de l'eau sans le présenter, revient sous la forme d'un drenkel.
Origine
Comme partout à Ziven, le drenkel suppose une faute humaine. Sur le lac Dorin, cette faute prend en général une des formes suivantes : un corps coulé pour dissimuler un meurtre, un pêcheur disparu que sa famille a renoncé à chercher, un voyageur étranger au plateau dont personne ne s'est soucié, ou une famille trop pauvre pour fournir la barque. Le lac ne distingue pas le crime de la négligence.
Ces cas restent rares. Les riverains repêchent leurs morts rapidement et les gardiens surveillent leur portion de rive, précisément parce qu'ils savent ce qu'un rite manqué entraîne.
Comportement
Le drenkel de Dorin revient à l'endroit où il a coulé, à l'heure où il a coulé, et il y reste. Il n'a pas de cible désignée. Il occupe une portion de rive et il attend le rite qui lui manque.
Dans l'intervalle, il prélève ce qui se trouve à sa portée. Les premières nuits, on constate des filets crevés, des nasses vides ou retournées. Puis on retrouve des bêtes mortes au bord de l'eau. Si les riverains continuent de fréquenter l'endroit, il finit par s'en prendre aux hommes. Il ne s'éloigne jamais de son secteur et rien ne l'use avec le temps.
Il se déplace uniquement dans les eaux du lac et dans celles qui en dépendent : roselières, canaux, puits alimentés par la nappe. On ne l'a jamais rencontré ailleurs.
Les signes
Les gardiens enseignent aux riverains à reconnaître la présence d'un drenkel. Le signe le plus courant est une barque amarrée où l'on trouve au matin de l'argile grise et des roseaux mouillés, sans que personne n'y soit monté. Une bande de givre sur la berge, par temps doux, indique aussi son passage. Enfin, les bêtes et les hommes qu'il a tués sont retrouvés au bord de l'eau, desséchés, sans une goutte d'eau dans les poumons.
Une barque qui porte ces marques est réputée réclamée. On la porte au sanctuaire du secteur et on ne la remet pas à l'eau sans l'avis du gardien.
La Mesure de Dorin
Le drenkel tue par le toucher. Sa main retire l'eau du corps qu'elle saisit : la bouche se dessèche, la peau se fend, les membres se raidissent. Les gardiens appellent cela la Mesure de Dorin et l'état des corps leur suffit pour identifier la créature.
- Toucher de la Mesure : 8d8 dégâts nécrotiques, sauvegarde de Constitution pour moitié. En cas d'échec, la cible subit un niveau d'épuisement.
- Le drenkel regagne des points de vie égaux à la moitié des dégâts infligés.
- Points de vie : 12d8.
- Résistant aux dégâts contondants, perforants et tranchants d'armes non magiques. Immunisé au froid.
- Le feu le fait fuir mais un feu allumé à terre ne le détruit pas. Il revient la nuit suivante.
Le rite de délivrance
Le seul moyen connu de se débarrasser d'un drenkel de Dorin consiste à accomplir le rite qui lui a manqué. Le gardien du secteur prononce le nom du noyé, installe une barque au bord de l'eau, y met le feu et la pousse au large. À partir de cette nuit, la créature cesse d'apparaître.
Le rite exige le nom. Pour un disparu dont le corps est resté au fond, le Temple des Profondeurs admet une barque vide, mais le gardien doit savoir pour qui il la brûle. Lorsque le noyé est inconnu, il faut donc retrouver son identité avant de pouvoir agir, et le secteur reste inaccessible tant que l'enquête n'a pas abouti.
Les gardiens et le Temple des Profondeurs
Une quinzaine de sanctuaires bordent le lac. Chacun est tenu par un gardien qui dépend du Temple des Profondeurs de Zerak'Tul et qui a la charge d'une portion de rive. L'apparition d'un drenkel dans son secteur lui est imputée, quelle qu'en soit la cause, et le temple le lui rappelle.
Cette responsabilité en fait des observateurs attentifs. Les gardiens tiennent le compte des barques, des sorties de pêche et des disparus. Ils connaissent les familles et leurs dettes. Lorsqu'un drenkel se manifeste, ce sont eux qu'on consulte en premier, et ce sont eux qui ont le plus de chances de savoir qui manque.