L'Anneau d'Aynor
Aynor Faiseurdor n'a pour lui que la fortune de sa famille, marchande de Passimgodir : les récits qui le décrivent s'accordent tous sur sa laideur, jamais sur les traits qui la composent, comme si personne n'avait pris la peine de regarder au-delà. Ce qu'on lui reconnaît sans hésiter, c'est son amour pour Luena, aussi immense que discret.
Luena, elle, aime un homme dont l'histoire n'a gardé que la beauté et la lâcheté ; son nom s'est perdu avec le reste. La caravane qui les mène de Passimgodir vers Arkhazem, puis Khareb, est prise dans les Collines de l'Écho, côté Rochevent. Luena est emmenée avec trois autres voyageurs ; l'amant court plus vite que les gobelins ne l'auraient jamais poursuivi, laissant en chemin tout ce qu'on aurait pu appeler son honneur.
Le refus d'Aynor
Aynor refuse le verdict que tous les autres ont accepté : pour lui, Luena vit encore. Il part pour Arkhazem trouver sa sœur, mage de formation, espérant qu'elle vienne combattre les gobelins à ses côtés. Elle est enceinte, hors d'état de se battre, mais à Arkhazem on tient qu'une femme dans cet état enchante mieux que quiconque : elle ne peut donc rien faire d'autre, et cela suffit. Elle enchante la bague qu'Aynor a fait forger pour Luena avant même la razzia, de manière à écarter les gobelins de dix-huit mètres autour de qui la porte ; on ne lui connaît pas d'autre effet, ni de contrepartie.
La descente dans les grottes
Quand Aynor descend seul dans les grottes gobelines, les gobelins s'écartent devant lui comme on s'écarte d'un mauvais présage. Il retrouve Luena, la délivre et lui offre la bague à la sortie des tunnels. Elle l'épouse : aux dernières nouvelles, l'anneau repose toujours dans le manoir des Faiseurdor, à Passimgodir.