Verdantis, son palais qui surplombe la mer

Verdantis

Verdantis est la capitale du royaume de Vaultclos, située sur une péninsule rocheuse au bord de la mer. Surnommée la "Cité d'Émeraude" en raison de la couleur unique de ses bâtiments, Verdantis est un joyau architectural et culturel, réputé pour son harmonie avec la nature environnante.

Le calcaire glauconieux

Bâtie sur un ancien récif fossile, la ville doit son origine et sa teinte à la glauconie, un minéral vert formé il y a des millions d'années sous les mers. La légende veut que les vagues enchantées des premiers druides marins aient teinté la pierre lors de la Grande Marée Enchantée. Sa couleur va du vert pâle au gris-vert, scintille sous le soleil grâce aux inclusions de mica et de pyrite, et prend un aspect bleuté sous la lune, par une bioluminescence résiduelle ; sa texture granulaire et rugueuse est propice à la pousse des lichens et des coquillages.

Dans les quartiers populaires, on trouve des blocs bruts dont les joints sont comblés de corail broyé. Les bâtiments publics sont en pierre polie, incrustée de cuivre vert-de-gris qui protège contre la magie noire. Le palais royal et les temples, eux, sont bâtis en marbre vert des Abysses, parcouru de veines noires ou dorées.

Le palais de Verdantis

Ses fondations reposent sur un promontoire de basalte noir, qui tranche sur le vert de la ville, et ses salles basses, creusées dans la falaise, abritent des bains thermaux sulfureux. La façade est ornée de mosaïques de malachite, de turquoise et de lapis-lazuli représentant des dragons marins, et les balcons sont en marbre translucide, d'où l'on observe les poissons en contrebas. Le toit est couvert de tuiles de cuivre patiné incrustées de saphirs, surmonté d'une flèche centrale en cristal de béryl vert qui sert de phare magique.

Dans la salle du trône, le siège est en jade impérial incrusté de cymophane, et son dossier sculpté en forme de pieuvre géante aux tentacules de bronze féerique. Le sol présente un labyrinthe de marbre en spirale évoquant les courants marins, avec une pierre de lune verte en son centre ; le plafond est une fresque céleste enchantée où les étoiles sont des émeraudes et les constellations mobiles.

Les jardins suspendus étagent des murs de calcaire percés de niches à orchidées bioluminescentes et des bassins d'eau de mer où vivent des coraux et des statues de naïades. Le ponton royal, quai privé en bois pétrifié vert, donne sur la mer : c'est de là que partent les navires aux voiles d'algues filées.

Le terminus de la Grande Caravane

Verdantis est l'extrémité occidentale de la Grande Caravane. Le convoi y arrive vidé de presque tout ce qu'il portait, écoule son solde et repart chargé de pierre verte et des commandes de l'ouest pour un voyage de plusieurs saisons vers l'autre bout du sous-continent. Deux fois par an environ, l'arrivée d'un convoi transforme les quais et les entrepôts de la ville, et les carnets de commande de la saison suivante se remplissent en quelques jours.

Le rhum de Calmorra est de ceux qui montent dans les chariots au départ : la route côtière suffit à le faire descendre du port voisin jusqu'aux quais de Verdantis, où il embarque pour l'année de route qui l'attend vers l'autre bout du sous-continent.

Les quais de la pierre verte

La caravane n'emporte pas tout, et surtout pas le plus lourd. La pierre verte et une partie du fer quittent Verdantis par bateau : mille quatre cents kilomètres de mer jusqu'à Siquivorn, contre plus de quatre mille par la route et une année entière de convoi. Le fer poursuit ensuite vers les chantiers navals de Grimstad, la pierre verte s'arrête dans la capitale et dans les chantiers qui la commandent.

Le partage est simple et personne ne le discute : ce qui monte dans les chariots de la Grande Caravane est ce qui vaut cher au poids, commandes, ouvrages et pièces choisies ; ce qui se compte en blocs et en barres descend aux quais.

Les agrumes de la plaine côtière du nord empruntent les mêmes quais, mais pour une raison qui n'a rien à voir avec le poids ni la valeur : leur écorce épaisse encaisse sans dommage plusieurs semaines de cale, ce que peu de denrées fraîches du royaume peuvent se permettre. On les presse d'embarquer avant qu'ils ne tournent plutôt que de calculer ce que vaut la place qu'ils occupent, et ils rejoignent Siquivorn par le même trajet que le fer et la pierre verte.

La frontière de Morness

La plaine côtière de Verdantis fut longtemps harcelée par les incursions de kobolds venues de la forêt de Morness. Vaultclos y fonda un fort frontalier pour protéger la cité, jusqu'à ce que des clercs, des druides et des moines de Verdantis découvrent la source sacrée de Toïdur : les kobolds, effrayés, se replièrent au plus profond de la forêt, et les incursions sur la plaine maritime se firent rares.

La garnison du fort, désœuvrée, est à l'origine de ce qui est devenu Fort Perdora, ville de jeux et de plaisirs aujourd'hui hors du giron de Vaultclos, ce qui n'empêche pas les bourgeois et aristocrates de Verdantis d'y faire des incursions discrètes, loin des regards de leur propre noblesse.