Fenrold
Fenrold est bâti à la source de l'Eligrodim, aux marges nord de l'Eligrodian. La principale source de revenus de la ville est le bûcheronnage de l'Igrodia. Ces arbres multiséculaires sont la richesse de Tharvell et leur coupe est strictement réglementée.
La seconde est la chasse. Les bois au sud regorgent de gibier mais la forêt reste dangereuse. Le cœur des futaies est le domaine des garous, et les incursions de dragons blancs juvéniles en quête de nourriture ne sont pas rares.
L'exploitation du bois
Toute famille a au moins un adulte dans l'exploitation du bois. Comme dans tout Ziven, la mixité est de règle, aux chantiers de coupe comme au débardage. En revanche, un seul des deux parents continue le bûcheronnage après la naissance du premier enfant.
L'exploitation du bois étant dangereuse, à cause des risques d'accident mais aussi d'attaques, une caisse commune est alimentée par le commerce du bois. Elle vient en aide aux familles dans le besoin et à celles et ceux qui ne peuvent plus travailler.
Les caravanes
De Fenrold partent de gigantesques caravanes, attelages renforcés capables de tracter un tronc d'Igrodia entier, en direction de la Doba. Le trajet est lent et coûteux : seule la qualité exceptionnelle de ce bois rend l'exploitation rentable.
La ville est aussi la tête du chemin des Bûcherons, la piste qui file plein est en suivant la ligne de partage des deux vallées jusqu'à la source sacrée d'Ilagdir.
De ces deux routes arrivent nombre de marchandises qui permettent aux bûcherons de vivre dans un confort certain.
Le pèlerinage des cinq ans
Nul ne peut abattre un Igrodia sans être allé en personne à la source d'Ilagdir dans les cinq années écoulées. L'obligation est personnelle : elle ne se délègue pas et ne s'achète pas. Passé le terme, la hache reste au mur jusqu'à ce que l'offrande en eau de la source ait été renouvelée.
Le pèlerinage suit le chemin des Bûcherons plein est, plus de 500 km jusqu'à la source, autant pour revenir. Il faut compter six à huit semaines d'absence, davantage si la fonte a coupé la piste, et l'on part par volées de quelques dizaines pour ne pas traverser seul les sous-bois de l'Eligrodian.
Les départs se groupent au printemps, quand les jours sont assez longs pour permettre de longues étapes. Ce roulement fait que, d'une année sur l'autre, il y a toujours un cinquième des bûcherons absent au début des coupes.
On en revient avec son cheval chargé de 25 litres d'eau, scellés à la source, que l'on verse au retour dans le bassin de l'autel du temple : l'offrande ne va pas à un arbre en particulier, mais à l'Eligrodian tout entier, dont on vivra les cinq années suivantes. Il n'est pas rare qu'un tréant vienne y boire aux heures les plus calmes de la journée.
La scierie d'Imardia
Un peu au nord de la ville, sur l'Eligrodim, la scierie d'Imardia débite une partie de la production grâce au courant du torrent, avant que celui-ci ne s'enfonce dans ses gorges. La sciure sert à des rituels sacrés à travers tout le sous-continent, et les chutes à la création d'artefacts magiques, entre les mains des elfes (ceux d'Iglindon en achètent chaque année) ou des artisans d'Arkhazem.
La religion
Le druide résident
Le Collège de Skjorren entretient à Fenrold une charge de druide résident, toujours confiée à quelqu'un de jeune. Le titulaire du moment vérifie que le pèlerinage a bien eu lieu, que l'eau rapportée vient réellement d'Ilagdir et que chaque personne qui prend une hache est dans ses cinq ans. Il tient un registre où figurent tous les coupeurs de la ville avec la date de leur dernière offrande, et sans son aval la saison ne peut légalement s'ouvrir.
Le temple de Fajargo
À l'écart des aires de débardage se dresse un temple dédié à Fajargo, dieu des forêts. C'est un immense édifice de bois, couvert de magnifiques sculptures qui représentent des animaux de la forêt, différentes espèces d'arbres et les produits de la cueillette. Il n'a pas le rang du temple des Gris-Frênes, mais aucun sanctuaire secondaire du dieu n'est plus richement travaillé.
Un prêtre y officie, entouré de quelques pèlerins de passage, chasseurs ou bûcherons venus chercher une protection avant de s'enfoncer sous les Igrodia. C'est là, dans le bassin de pierre creusé au pied de l'autel, que s'accumule l'eau d'Ilagdir rapportée de pèlerinage et offerte à la forêt, et c'est le seul endroit de la ville qu'on ne laisse jamais sans surveillance. L'ironie n'échappe à personne : les gens de Fenrold vivent de ce que Fajargo protège.
Le prêtre tient le compte de chaque arbre tombé depuis son entrée en charge et l'énonce à voix haute à chaque offrande, sans commentaire ni reproche.
Le temple de Gond
Le temple dédié à Gond, le dieu des artisans, est plus petit mais pas moins richement décoré. Le thème est bien sûr différent, mais le soin apporté est le même. Les bûcherons s'y rendent parfois, comme les scieurs d'Imardia vont prier Fajargo pour leur famille.