fleuves

L'Eligrodim

L'Eligrodim est plus un torrent qu'une rivière. Il naît à Fenrold, avant-poste de coupe des marges nord de l'Eligrodian, et descend et rejoint la Doba au terme de quelque 360 km, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Skjorren. Sa vallée est aussi belle qu'elle est dangereuse, et c'est ce contraste qui la rend redoutable : ici, le décor lui-même est un adversaire.

Une géographie spectaculaire et traîtresse

Le lit de l'Eligrodim entaille des gorges rocheuses baignées d'une brume permanente. Cette vapeur nourrit une flore luxuriante et trompeuse : des mousses phosphorescentes qui masquent les gouffres, des fleurs dont les effluves engourdissent. Le rugissement continu du torrent couvre le bruit des pas, si bien qu'on n'entend venir ni les prédateurs ni ses propres compagnons ; dans les passages étroits, les guides communiquent par gestes ou pas du tout.

Les colères du torrent

Deux dangers reviennent dans toutes les mises en garde des gens de Tharvell.

La Crue de Cristal d'abord : des résurgences magiques gonflent brutalement le lit en amont, et le torrent devient une lame de fond qui emporte tout ce qui se trouve sur les berges. Rien ne l'annonce, sinon un changement de note dans le vacarme, que seuls les anciens savent reconnaître.

Les Passages de Givre-Pierre ensuite : de fragiles passerelles minérales enjambent les rapides, en apparence solides, recouvertes d'une pellicule d'eau pulvérisée qui les rend extrêmement glissantes. On les franchit encordé, ou on ne les franchit pas.

Faune et habitants

L'eau vive appartient à des élémentaires aux mouvements imprévisibles et à des néréides territoriales, qui tolèrent le passage mais jamais le campement. Sur les falaises, les harpies des brumes guettent les voyageurs que le vacarme a désorientés, et des drakes d'eau douce chassent dans les remous des grands bassins.

Uhlijard

À mi-cours, sur la rive, se dressent les ruines gelées d'Uhlijard, village anéanti par un dragon blanc et dont les morts n'ont jamais dégelé. C'est le seul établissement humain qu'ait porté la vallée, et la raison principale pour laquelle plus personne n'y bâtit.