La Hache de la Liberté
Une hache de fer sombre, à deux mains, dont le tranchant porte encore les stries qu'aucun polissage n'a effacées. Elle n'est pas belle. Igron l'a forgée lui-même, à Morh-Khaz, dans l'atelier du drakéïde Delmirev qui lui avait conseillé de s'armer.
Le fer du chariot
À Morh-Khaz, le fer arrive de la mine-ville naine de Khazrund et se fait attendre entre deux caravanes. Ce jour-là, il n'y en avait pas à l'atelier. Le métal que Delmirev a laissé fondre était celui des barreaux qu'Igron avait arrachés au chariot qui l'emmenait au bagne, et qu'il avait emportés dans sa fuite sans trop savoir pourquoi avant de les laisser prendre la poussière sous son lit.
Ce que vaut un métal deux fois travaillé, les forgerons de la cité en discutent encore. Ceux qui ont vu l'arme sortir de la trempe disent qu'Igron n'a pas quitté l'enclume, et qu'il frappait comme on frappe quelqu'un.
La rage du fer
À qui la tient, la hache rend ce qu'Igron y a mis. Les mailles se dénouent, les liens cèdent, les bras qui retiennent lâchent prise, et la colère monte à la place de la peur. Ceux qui l'ont vue à l'œuvre le jour où le bailli de Kivor revint l'arrêter parlent d'un homme qu'on n'attrapait plus.
Les artisans magiques n'ont pas eu l'arme entre les mains et personne ne la leur a proposée. On dit à Morh-Khaz qu'il n'y a là aucun enchantement, seulement du fer qui se souvient d'avoir servi à enfermer.