Les tambos
Résumé : Les tambos sont les hameaux-relais qui grimpent la falaise entre la plaine de Yunkava et le plateau d'Onalpita. Poulies, contrepoids, plateformes taillées dans la roche et escaliers de bois s'y relaient sur tout le dénivelé. C'est par eux que les fruits de la plaine montent vers les tribus, et que la laine et les peaux du plateau descendent vers le port de Quchapata.
Le réseau
La montée ne se fait jamais d'une traite. Elle s'organise en paliers successifs, chacun occupé par un tambo : deux ou trois familles installées sur les plateformes taillées dans la paroi, avec leurs entrepôts creusés dans la roche, leurs treuils et leurs contrepoids. Chaque tambo tient son tronçon. Les charges passent de palier en palier, hissées ou descendues, stockées quand le vent interdit la manœuvre.
Les familles des tambos sont des lignées reconnues des tribus d'Edravorn. Leur savoir se transmet : lecture du vent dans la paroi, nœuds, entretien des cordages, signaux de corne d'un palier à l'autre. Une charge perdue par négligence engage l'honneur du tambo fautif. Une charge perdue par attaque est une perte partagée.
Chaque famille travaille pour son compte, ne rend de comptes qu'à son tronçon et fixe sa part en nature. La charge se transmet à l'enfant le plus méritant. Aussi chaque enfant a à coeur de donner le meilleur de lui-même pour hériter du tambo.
Les escaliers de bois
Des volées d'escaliers de bois accrochées à la paroi relient les paliers entre eux et permettent aux voyageurs de faire l'ascension à pied. Le bois vient de la mer : ni la plaine ni le plateau n'ont de futaies, et une partie du fret débarqué à Quchapata est du bois d'œuvre destiné à l'entretien des marches et des échafaudages. Chaque tronçon se remplace, et se démonte. Quelques volées retirées, et la falaise redevient infranchissable pour qui ne maîtrise pas les poulies.
L'ascension complète prend une journée pleine. Les plus lents dorment dans un tambo à mi-paroi, où l'on trouve un toit, de l'eau et de quoi manger. Le droit de passage se paie à Batambo ou à Hautambo selon le sens, modeste pour les gens des tribus et de la plaine, plus élevé pour les hawapi.
Les gardes
Les parois abritent des griffons, des harpies et des aigles géants, et les charges suspendues sont des proies faciles. Chaque tambo entretient son guet. Les gardes sont des membres du hameau ou de jeunes gens des tribus du plateau envoyés en service, arcs courts en main, qui redescendent au bout de quelques saisons avec une réputation faite.
Batambo
Au pied de la falaise, Batambo est le village du bas. On y pèse les charges venues des villages de Yunkava, on y parque les bêtes, on y attend son tour de montée. Les entrepôts y sont vastes et les files de charges s'allongent aux beaux jours, quand les récoltes de la plaine partent vers le plateau.
Hautambo
Au bord du plateau, Hautambo est le village du haut. Les caravanes tribales y campent, déchargent la laine et les peaux, remontent les fruits vers les campements. Du rebord, le guet porte sur toute la plaine et sur la mer.